– Le grenier du Sénégal

Le 22 juin 2015

La Casamance, grenier du Sénégal ?

Oui, sûrement, pour les grosses exploitations agricoles, souvent tenues par des étrangers (européens, asiatiques) qui embauchent des saisonniers (locaux, guinéens, nigérians), à bas salaire, et qui produisent en masse des aliments qui sont revendus à l’étranger. C’est cela le grenier du Sénégal.casa casa

Diannah est un village, situé à un jet de pierre de la Gambie, pas loin de l’océan.

Badala est un quartier de Diannah , situé en pleine brousse (à 2 km du centre).

Badala est peuplé de paysans, qui eux, n’ont même pas de grenier !

Il n’y a pas de boulot, pas de revenu d’insertion, pas de chômage, rien ! On fait chichement du maraichage, souvent sur un terrain dont on n’est pas le propriétaire.

Il n’y a pas d’accès à l’eau publique, ni à l’électricité. Pas d’autosuffisance alimentaire. On entretien un potager ; on se débrouille tant bien que mal pour l’eau, on lutte contre la sécheresse envahissante et on a recourt aux pesticides.

marchébisQuand on a besoin de produits de base (par ex. du riz), on fait ceinture sur ses propres fruits et légumes pour récolter quelques francs en allant les vendre sur le marché.

Pourtant des choses sont possibles !

Sarah et Thomas, les belges de Badala, y font du maraichage écologique (aucun produits chimiques !) Tout est naturel ! Ils sont en passe d’atteindre l’autosuffisance en fruits et légumes et entrevoient même un surplus prochainement ; sous les yeux ébahis des voisins…

Les méthodes de Thomas : économie de l’eau par la méthode du paillage des plantes, sélection des variétés de plantes les plus appropriées contre la sécheresse et les parasites, la production de ses propres graines, la fabrication de compostières, de terreau avec les cosses d’arachides, etc…

puitsbisVoilà des aides qu’on peut apporter et dont ils sont demandeurs! Sarah et Thomas ont créé cette asbl (Casabel) parce que, sur place, malgré les conseils prodigués, les paysans voisins, ont besoin d’un coup de pouce financier et même d’un encouragement manuel !

Leurs outils sont rudimentaires et dépassés, ils ont besoin d’un puits pour l’accès à l’eau, d’électricité (photovoltaique) pour mettre en route une pompe afin d’alléger l’arrosage, ils ont besoin de graines, de compostières. Un four à pain ne serait pas un luxe ; il leur faut de quoi gérer les détritus plastiques, qui sont actuellement disséminés dans la nature. Il faut enfin qu’on leur apporte les arguments pour les convaincre de persévérer sur place et ne plus rêver à l’Europe, ou à s’installer en ville.

Shashamani est le domaine créé par Sarah et Thomas. Ils accueillent volontiers et hébergent les visiteurs. Il faut leur rendre visite. Shashamani, c’est un paradis !

Michel Ingebos

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